mercredi 28 janvier 2015

Retrouver l'équilibre de vie

Dans ce post, je voudrais partager avec vous le fruit de mes observations et réflexions avec mes clients. Nombreuses sont les personnes à se sentir débordées par leurs multiples obligations et à ne pouvoir savourer les joies de la vie. Pourtant, il existe d'importantes marges de manoeuvre que chacun d'entre nous peut activer


Pour cela, il convient de prendre conscience de l'importance de nos perceptions, habitudes de vie et comportements. Nous sommes pris dans un spirale d'actions qui bien souvent nous empêche de prendre le recul nécessaire au changement. Bien sur cette prise de conscience n'est pas suffisante si vous ne tentez pas de faire différemment. La vie est un système d'essai-erreur où chacun doit et peut trouver sa méthode

Qu'est-ce que l'équilibre de vie ? Plusieurs définitions sont possibles. Pour ma part, l'équilibre de vie est la capacité d'une personne à répartir son temps, son énergie et son attention entre les différents objectifs de vie qu'il s'assigne. 

Cette définition implique que :

  1. l'équilibre de vie est une notion objective et subjective, quantitative mais également qualitative. Par exemple, quelles sont les conséquences matérielles, psychologiques et relationnelles des objectifs et standards de vie que je me fixe ?
  2. l'équilibre de vie est une question de choix et de priorités. A quoi suis-je capable de renoncer pour donner de la place à l'essentiel ?

Ma philosophie lorsque j'accompagne mes clients en coaching est de déterminer quels sont les comportements inefficaces qu'ils doivent moduler ou interrompre. En fait, il est bien plus facile d'arrêter de faire que de devoir mettre en place un nouveau comportement. Cette manière de cibler le coaching est plus positive et atteignable. Je vous propose donc une liste de comportements minant l'équilibre de vie. Prenez le temps de déterminer si quelques-uns de ces comportements sont trop présents dans vos réactions habituelles à l'environnement. N'hésitez pas à en discuter avec vos proches pour avoir leurs retours. 


Sur-réagir à l'urgence

N'ayant pas de système clair de priorité, je fais les choses en fonction de l'urgence, ce qui m'empêche de garder du temps pour l'important. J'agis en fonction de l'adrénaline que déclenche les événements. Tout devient confus et je commence de plus en plus à sur-réagir aux événements. Je suis dépendant à cette adrénaline, ce qui favorise paradoxalement ma recherche de l'urgence. Mon cerveau l'associe avec plaisir

Emotion piège : le plaisir

--> Pour changer, je peux prioriser entre ce qui est obligatoire et ce qui est important; ce qui est urgent et ce qui ne l'est pas. En croisant ces 4 critères, il est possible rapidement de mieux prioriser. Je peux également me donner des périodes de temps où j'agis encore plus de la même manière pour noter les conséquences de mon comportement. J'ai demandé à quelques clients de n'être qu'en réactivité dans la semaine et de ne gérer que par l'urgence. Après 2 ou 3 jours les résultats étaient suffisamment probants pour que le cerveau associe urgence avec peine. 

Être perfectionniste

Pour moi, je ne fais bien les choses que lorsque elles sont parfaites. Je vais au bout de mes actions même lorsque ce n'est pas important pour les autres et que la réalité m'imposerait d'en faire moins. Si je n'allais pas au bout, je culpabiliserais. Bien sur, comme la vie est complexe et multitâche, j'ai tendance à prendre du retard, à m'épuiser et surtout à demander aux autres d'avoir les mêmes standards de perfection que moi. Je suis souvent déçu par leur travail, ce qui fait que je préfère faire moi-même. Je suis donc en retard, fatigué, désagréable et frustré. Tout ceci pour une perfection qui n'est qu'un standard de vie, définit de manière unilatérale. Mais j'ai toujours été comme ça et dans ma famille, Papa/Maman disaient "quand on commence, on va au bout".  Alors...

Emotion piège : la culpabilité 

--> pour changer, prendre conscience des conséquences du perfectionnisme. Quelles conséquences pour moi ? pour mes proches ? sur la quantité de travail que je peux réaliser ? sur ma relation avec mes collègues ? sur ma santé ? 

Autre question d'importance : comment définir des standards proches de la satisfaction et non du perfectionnisme ?
L'une des premières étapes est de définir des situations types pour lesquelles il vous serait acceptable de baisser légèrement et progressivement votre perfectionnisme puis après avoir fait l'expérience positive de cette baisse, élargir à d'autres situations plus importantes pour vous. Il est également possible de demander à "vos clients" quels sont leurs critères de qualité pour voir s'ils correspondent à la réalité de vos efforts. Le pire perfectionnisme est celui associé à votre vie: je voudrais une très belle maison (c'est cher), une vie de couple épanouie (cela demande du temps et de la disponibilité psychique), des enfants heureux (cela demande du temps et de la disponibilité psychique), une belle carrière (cela demande du temps et de la disponibilité psychique), une belle voiture (c'est cher), voyager beaucoup et loin (c'est cher), pratiquer mes hobbies (c'est parfois cher, cela demande du temps et de la disponibilité psychique), voir des amis (cela demande du temps et de la disponibilité psychique),...La réalité nous rattrape: quels sont les objectifs réalistes que je me fixe, me permettant de me mettre en réussite ? si vos standards sont intenables  alors vous risquez d'intérioriser un sentiment d'échec; alors-même que vous êtes déjà dans un réalité très confortable et que vos efforts vous permettent déjà de réaliser de beaux résultats. 


Vouloir trop faire plaisir 

Il m'est intenable que l'autre soit déçu ou frustré par moi. Je dis toujours oui et suis toujours la première personne à aider même lorsque cela ne m'arrange pas du tout. Ma peur profonde et automatique est celle d'être rejeté, de me retrouver seul. Le problème c'est que les autres en profitent parfois, et que je me sens souvent peu respecté.  Et puis, cela m'oblige à courir dans tous les sens et je n'ai plus de temps pour moi. Je suis même prêt à sacrifier ma famille pour faire plaisir à des collègues ! Un comble ! Après, je passe mon temps à rattraper ce temps perdu avec ma famille, quitte à m'épuiser. Le pire, c'est que j'ai peu de reconnaissance de tout ce que je fais pour les autres.  Tient au fait, cette année j'ai commencé à développer un ulcère. Peut-être un peu trop de stress au travail...

Emotion piège : la peur

--> pour changer, il est intéressant de mettre des filtres dans les demandes d'autrui : ne pas répondre du tout aux sollicitations sur une période de temps; voir ne pas faire ce que l'on vous demande de faire sur certains items, dossiers, champs de vos activités ; déterminer par mail les moments et les sujets sur lesquels vous êtes disposé à donner un coup de main, renvoyer la responsabilité d'un dossier à d'autres, et surtout... se plaindre des conséquences pour vous lorsque vous êtes obligé de faire quelque chose d'imposé. Attention ! Lorsqu'on laisse son temps et son énergie en open-bar, il y a de fortes chances que vous attiriez les manipulateurs et les pervers. 

L'autre technique consiste à dépenser plus de temps, d'argent et d'énergie à vous récompenser de vos efforts; ou dit autrement, d'en laisser moins pour les autres. A quand le dernier bain que vous vous êtes fait pour vous relaxer ?

©Matthieu Poirot, 2015
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