dimanche 5 avril 2009

L'entreprise peut-elle répondre à nos besoins psychologiques ?

L’être humain est naturellement actif. De notre enfance à notre âge adulte nous continuons d’explorer et de jouer avec notre environnement.


Lorsqu’une activité implique nos besoins humains, nous nous sentons concernés et motivés. Ces besoins humains sont de 3 natures :

• Les besoins physiologiques (manger, boire, sexe) liés au système biologique,
• Les besoins psychologiques (autonomie, compétence, attachement) qui sont liés au développement de la personne.
• Les besoins sociaux (réalisation, intimité, pouvoir) qui sont les valeurs internalisées au cours de notre histoire sociale et personnelle.

Nos besoins sont mis en relation avec un environnement constamment changeant. Il existe une dialectique entre la personne et ce qui l’entoure. Chacun va tenter d’influencer son environnement pour qu’il corresponde à ses besoins tandis que l’environnement demande à la personne de s’adapter au principe de réalité. L’individu s’engage dans le monde comme une expression de soi et de ses besoins. Dans un sens, le travail est une formidable activité pour aider chacun à s’épanouir. Le travail est un l’un des piliers de notre santé psychologique et décrire l’entreprise comme un champ nazi n’est pas juste ni utile pour aider les salariés. Au contraire, cette vision par le négatif ne fait qu’attiser la difficulté relationnelle entre l’entreprise et ses collaborateurs. A l’opposé, nous postulons utile et préférable d’accompagner l’entreprise dans le développement de ce qu’elle a de meilleur pour l’individualisation de chacun. Ce n’est pas tant le système qui est important que la marge de manœuvre qu’il laisse à l’épanouissement personnel.

Ce constat constructif de l’entreprise ne doit pas cacher les difficultés sur le chemin de l’entreprise en santé. Aujourd’hui peu d’entreprises arrivent à proposer un environnement de travail permettant aux salariés d’utiliser le travail comme une expression de soi. Au contraire, les pratiques actuelles tendent à éviter la dimension subjective du travail. Lorsque celle-ci est prise en compte cela reste majoritairement sur le mode la manipulation. L’entreprise aurait-elle peur de la subjectivité qu’elle utilise pourtant si bien dans le marketing ? Comment proposer de vendre du rêve à ses clients si l’entreprise ne peut le faire vis-à-vis de ses collaborateurs ? Beaucoup a été fait pour améliorer les conditions matérielles du travail. 

Il convient d’œuvrer pour arriver à développer de bonnes conditions psychologiques du travail. Cet effort supplémentaire nous parait faisable dans la mesure où l’on ne demande pas à l’entreprise de faire plus pour ses salariés. A bien regarder, elle fait déjà beaucoup. Un objectif réaliste est d’aider l’entreprise à faire différemment et mieux, en faisant évoluer ses pratiques. Pour se faire, il est nécessaire de faire réfléchir l’entreprise sur une organisation permettant l’individualisation du travail tout en conservant un projet collectif. Vaste dessein et il faut bien reconnaitre qu’il demande beaucoup de courage et de sagesse aux dirigeants voulant le porter.

Matthieu Poirot

Expert en qualité de vie au travail, leadership et développement organisationnel 

Expert in Quality of Life at Work, Leadership and Organizational Development 


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©Matthieu Poirot,2007-2016.
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