vendredi 4 mars 2016

Pouvoir définir sa raison d'être au travail

Pour Freud, le travail revêt une importance capitale dans notre équilibre psychique. En fait, c'est une formidable occupation pour lutter contre l'angoisse du vide, en fournissant le moyen de nous sentir utile et désirable. Un salarié a certes besoin d'un résultat financier (la paye) mais également de pouvoir définir sa raison d'être


Dans une économie d'abondance (même en situation de chômage, qui reste concentré sur une partie de la population : les jeunes, les non qualifiés, les seniors), nombreux sont celles et ceux à se demander : "Pourquoi mon travail devrait être insatisfaisant ? Que puis-je faire pour trouver du bien être au travail ?". Chacun se pose en fait la question de l'identité et du sens. 


Combien de salariés peuvent définir aujourd'hui la raison d'être de leur travail ? 


Quelles différences émotionnelles entre une infirmière qui perçoit son travail comme uniquement un moyen de vivre et celle qui y voit le moyen de faire du bien ?

3 niveau d'investissement émotionnel au travail existent. Nous pouvons le percevoir comme :


  • un emploi : ne chercher d'autre avantage que la paie à la fin du mois. 
  • une carrière : la réussite s'exprime par le salaire mais également par la promotion (obtenir un poste supérieur au fur et à mesure)
  • une vocation : un engagement émotionnel fort à travailler par plaisir et pour un intérêt supérieur.


Les différentes recherches (notamment de Wrzesniewski, A ) montrent que : 


  1. la vocation apporte des émotions positives même dans un environnement difficile 
  2. même un travail préstigieux tel que médecin, peut se transformer psychologiquement en emploi 
  3. que même des emplois moins valorisés (ex: femme de ménage) peuvent se transformer psychologiquement en vocation 
  4. des conditions de travail difficiles extrêmes et/ou  récurrentes peuvent supprimer la vocation

Dans le cadre d'un monde du travail de plus en plus complexe et exigeant, c'est au salarié de définir lui-même la raison d'être de son travail.


Plusieurs moyens peuvent être tirés de ce l'on nomme le Job Crafting, c'est à dire la manière dont chacun redéfinit son travail sur 3 dimensions que l'on peut modifier : 

   les différentes tâches 
   les différentes relations liées à son travail
   la perception de son travail

Chacun peut ainsi à travail égal, modifier comment il fait le travail (même dans un environnement hyper-contrôlé), avec qui il le fait (élargir ou réduire les relations) et pour quel sens.

Plus on redéfinit son travail, plus celui-ci revêt un sens positif car il devient associé à de la motivation autonome


Sous forme de questions : 

Est-ce que je peux faire mon travail en y mettant de ma créativité et de ma manière de faire ? 
1 systématiquement/ 2 souvent/ 3 parfois/ 4 jamais

Suis-je fier (e) des personnes pour lesquelles et/ou avec lesquelles je travaille ?
1 systématiquement/ 2 souvent/ 3 parfois/ 4 jamais

Mon travail a-t-il du sens  ?
1 systématiquement/ 2 souvent/ 3 parfois/ 4 jamais

Réponses (additionner l'ensemble des réponses)

- entre 3 et 5 : pas mal de plaisir dans votre travail

- entre 6 et 9 : il y a sans doute des choses à modifier. Essayez les techniques de Job Crafting ou de changer de poste. 

- plus de 9 : Allo Houston ? Nous avons un problème...




Matthieu Poirot

Expert en qualité de vie au travail, leadership et développement organisationnel 

Expert in Quality of Life at Work, Leadership and Organizational Development 

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©Matthieu Poirot,2007-2016. 



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