mercredi 2 mars 2016

Ce que le Liban m'apprend


Marié à une Libanaise, je viens depuis 10 ans régulièrement dans ce pays. Sans nier les difficultés et limites du pays, voici quelques leçons positives : 


  1. un niveau de résilience que les français pourraient envier ; lorsque l'on est habitué au risque depuis la petite enfance, l'optimisme domine;  "on s'en sort toujours" est une croyance forte. La prise de risque fait partie de l'éducation. La joie de vivre également "on profite de l'instant présent, on ne sait pas ce qui peut arriver". 

  2. l'importance de la communauté, donc du soutien social. Très peu de personnes sont laissées de côté, y compris lorsqu'elles ont des difficultés psychologiques et/ou matérielles; surtout les anciens, que l'on ne laisse pas dans des mouroirs.  

  3.l'importance de la négociation. Oui tout est négociable. Les Libanais le savent et développent une très (trop ?) forte assertivité. Ils négocient par plaisir et avant tout pour conserver une bonne image d'eux-même ainsi que pour se faire respecter dans la relation. 

  4.l'importance de l'état. On voit bien concrètement au quotidien ce qu'induit le fait de ne pas avoir un état fort et stable. Cela permet de se rappeler la chance d'être en Europe. Cela permet également d'observer que lorsque l'état est défaillant, des pratiques de bricolage se mettent en place (il faut voir le réseau d'électricité...). 

  5. l'importance de l'école. La résilience du pays dépend d'un haut niveau scolaire qui lui permet d'exporter des managers, entrepreneurs et ingénieurs partout dans le monde. De manière générale, le niveau est bien plus élevé qu'en France...Les familles misent énormément sur l'éducation. Du fait de l'histoire, elles comprennent depuis longtemps les enjeux de la mondialisation (3 millions au pays et 13 millions à l'étranger). 



"Tu vas à Beyrouth ? t'es fou...."


















mmm...

©Matthieu Poirot, 2016



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